Une femme qui met beaucoup de temps à sa toilette en emploie fort peu aux occupations du ménage. Les Espagnols disent: La mujer, cuanto mas mira la cara, tanto mas destruye la casa, ce qui est rendu exactement par cet ancien jeu de mot proverbial:
Plus la femme mire sa mine,
Plus sa maison elle mine.
Il fut un temps où la principale occupation des dames était de filer. De vieux portraits les représentent avec une quenouille attachée sur le sein du côté gauche, et avec un miroir suspendu à leur ceinture du côté droit. Elles ne quittaient guère ces deux attributs; ils étaient, pour ainsi dire, les pièces essentielles de leur costume. Mais l'un faisait tort à l'autre, et celui du travail devait être fréquemment négligé pour celui de la coquetterie. Le dernier finit par l'emporter. Les dames cessèrent de filer et se mirèrent tout à leur aise.
Jean de Caurres, auteur du seizième siècle, dit dans ses Œuvres morales que les courtisanes et damoiselles masquées[4] de son temps portaient le miroir sur le ventre: «O bon Dieu! hélas! s'écrie-t-il, en quel malheureux règne sommes-nous tombés de voir une telle dépravation sur la terre, que nous voyons jusques à porter en l'église les miroirs de macule pendants sur le ventre.» Il ajoute qu'un pareil usage tendait à devenir général: «Si est-ce qu'avec le temps il n'y aura bourgeoise ne chambrière qui par accoutumance n'en veuille porter.» Cependant cet usage ne s'est pas conservé. Le beau sexe l'a jugé inutile depuis que les moindres appartements ont été ornés de trumeaux et de glaces où il peut se mirer et s'admirer de la tête aux pieds.
[4] On appelait damoiselles masquées certaines dames qui, voulant courir les aventures galantes sans être reconnues, se couvraient le visage d'un masque de velours auquel on donna le nom de loup, dérivé, non de lupus, mais de lobus, cosse.
La femme perd l'homme.
Salomon assimile l'homme entraîné par la femme qui l'a séduit au taureau mené comme une victime au sacrifice: Eam sequitur quasi bos ad victimam. (Prov., VII, 22.)
Saint Cyprien dit que les femmes sont des démons qui font entrer les hommes en enfer par la porte du paradis.
Suivant un proverbe oriental: Il faut craindre l'amour d'une femme plus que la colère d'un homme.