Pourquoi cela? N'est-ce point parce que les femmes, en général, sont peu sincères et ne font guère usage de la vérité que pour mieux tromper, quand elles savent qu'on n'ajoutera pas foi à leur parole? On ne peut, ce me semble, expliquer autrement ce malin proverbe qui fait si bien ressortir leur fausseté jusque dans son contraire. Mais l'opinion qu'il exprime est-elle parfaitement fondée? J'ai consulté là-dessus les experts les plus compétents, dans l'espérance qu'ils me fourniraient de bonnes raisons pour la combattre. Aucun d'eux jusqu'ici ne m'a répondu selon mon désir, et je suis forcé d'attendre encore entre le pour et le contre, n'ayant pas les preuves de l'un, et ne voulant pas admettre celles de l'autre.
Je remarquerai seulement que, si le proverbe était aussi vrai qu'il est ingénieux, les hommes ne sauraient éviter, soit en accordant, soit en refusant leur confiance aux femmes, d'être réduits à une alternative fâcheuse, signalée par cet autre proverbe: Qui croit sa femme se trompe, et qui ne la croit pas est trompé.
La vieillesse est l'enfer des femmes.
C'est ce que répétait la belle et spirituelle Ninon de Lenclos, qui vécut, pour ainsi dire, sans vieillir, inspira une passion à l'âge de quatre-vingts ans, et mourut à quatre-vingt-onze… Si elle sentait cette cruelle vérité, combien plus doivent la sentir les autres femmes qui n'ont pas, comme elle, des avantages propres à la leur rendre moins sensible.
On lit parmi les maximes de Saint-Évremont: «L'enfer pour les femmes qui ne sont que belles, c'est la vieillesse.» Est-ce de Ninon qu'il tenait le mot, ou Ninon le tenait-elle de lui?
La vieillesse est pour les femmes pire que la boîte de Pandore: elle renferme tous les maux, moins l'espérance.
La vieillesse a quelque chose de digne, d'imposant chez les hommes; mais hélas! chez les femmes, elle est terrible, désespérante, et dénuée de poésie. Elle ne fait d'elles que des ruines sans grandeur et sans majesté.
Les femmes sont comme les énigmes, qui ne plaisent plus quand on les a devinées.
Cette comparaison proverbiale existe dans beaucoup de langues comme dans la nôtre, et elle a été employée par beaucoup d'écrivains qui s'accordent à la regarder comme vraie. Cependant, malgré cette imposante unanimité d'opinion, je ne puis me résoudre à penser avec eux que ces aimables enchanteresses perdent à se faire connaître ce qu'elles gagnent à se faire voir. Mais j'aurais besoin, je l'avoue, qu'elles voulussent bien m'expliquer le soin extrême qu'elles prennent de ne pas se laisser deviner, et l'antipathie décidée qu'elles ont contre ceux qui les devinent. Sans cela, je crains de finir par dire comme les autres:
Les femmes de l'énigme offrent le caractère: