On trouve dans le recueil de Gabriel Meurier: Deux femmes font un plaid, trois un grand caquet, quatre un plein marché.

Les Auvergnats disent d'une manière pittoresquement hyperbolique: Les femmes sont faites de langue comme les renards de queue; et l'on peut les en croire, car ils doivent être impartiaux, attendu qu'ils ne sont ni hommes ni femmes, mais bons Auvergnats, d'après un dicton qui circule depuis quelques années.

Il y a dans tous les pays du monde des proverbes qui s'accordent à reprocher au beau sexe une intarissable loquacité. Je m'abstiens de les rapporter, regardant comme inutile la peine que je prendrais à transcrire ces témoignages trop nombreux d'un défaut sur lequel lui-même semble avoir passé condamnation. Il vaut mieux rechercher quelles sont les principales causes de ce défaut.

Fénelon les a signalées dans les deux phrases suivantes:

«Les femmes sont passionnées dans tout ce qu'elles disent, et la passion fait parler beaucoup.

»Une autre chose contribue beaucoup aux longs discours des femmes, c'est qu'elles sont artificieuses et qu'elles usent de longs détours pour arriver à leur but.»

Montesquieu considérait leur bavardage comme une suite nécessaire de leur inoccupation. «Les gens qui ont peu d'affaires, disait-il, sont de très-grands parleurs: moins on pense, plus on parle. Ainsi les femmes parlent plus que les hommes; à force d'être oisives, elles n'ont point à penser.»

C'est, je crois, la même idée que les Chinois ont voulu exprimer dans ce proverbe: La langue des femmes croît de tout ce qu'elles ôtent à leurs pieds.

Les femmes ont des langues de la Pentecôte.

C'est-à-dire des langues de feu. L'allusion n'a pas besoin d'être expliquée; car personne ne peut ignorer que le Saint-Esprit descendit en langues de feu sur les disciples de Jésus-Christ, le jour de la Pentecôte, et leur communiqua ainsi le don des langues pour les mettre en état d'aller prêcher la vérité évangélique chez tous les peuples de la terre.