Ce proverbe est pris de celui-ci de Salomon: «Ne dicas amico tuo: Vade et revertere: cras dabo tibi: cum statim possis dare (Prov., III, 28). Ne dites pas à votre ami: Allez et revenez, je vous le donnerai demain, lorsque vous pouvez le lui donner à l'heure même.»

Phocylide a dit aussi: «Donne à l'instant au malheureux; ne lui dis pas de revenir demain

On connaît la maxime de Zoroastre: «Si, pouvant soulager aujourd'hui le malheureux, on remet à demain, qu'on fasse pénitence.»

Différer d'assister un ami quand on le peut est une violation odieuse des devoirs de l'amitié; car, ainsi que l'a dit l'académicien Auger: «L'amitié véritable est un pacte en vertu duquel on doit tenir sans cesse sa fortune, sa vie même, à la libre disposition de celui à qui l'on s'est uni.»

Il faut se défier d'un ami réconcilié.

Les Espagnols disent: «Amigo reconciliado, enemigo doblado. Ami réconcilié, ennemi doublé.» Il n'y a guère de réconciliation tout à fait sincère: la défiance ou la trahison s'y mêlent presque toujours. Asmodée, dans le Diable boiteux, parlant de sa dispute avec Paillardoc, dit avec autant de vérité que de finesse: «On nous réconcilia, nous nous embrassâmes, et, depuis ce temps, nous sommes ennemis mortels.»

On conseillait à un tyran, Tibère, si je ne me trompe, de faire mourir un de ses anciens amis, qu'il faisait languir en prison: «Pas encore, répondit-il; je ne me suis pas réconcilié avec lui.» Mot affreux, où respire tout le génie de la haine.

Ami au prêter, ennemi au rendre.

Proverbe qui paraît pris de ce passage du Trinummus de Plaute: «Si vous redemandez l'argent que vous avez prêté, vous trouvez souvent que d'un ami votre bonté vous a fait un ennemi.»

Quum repetas, inimicum amicum beneficio invenis tuo.