Pittacus disait: «La chose qu'on doit faire le plus tard qu'on peut, c'est d'emprunter de l'argent à ses amis.» Ce qui prouve que dans l'antiquité, comme en notre temps, l'amitié finissait où commençait l'emprunt.
Nous avons encore cet autre proverbe: On perd plus d'amis par ses demandes que par son refus.
Qui veut garder son ami n'ait aucune affaire avec lui.
Les affaires d'intérêt amènent presque toujours des discussions qui finissent par diviser les amis. Quelqu'un a dit: «L'intérêt qui se mêle aux amitiés est comme le vif-argent confondu parmi l'or; le départ fait, elles disparaissent et s'en vont en fumée.»
Les Turcs ont ce proverbe semblable au nôtre: Bois et mange avec ton ami, mais n'aie jamais d'affaire avec lui.
N'accorde point ta confiance à un ami dissimulé.
La dissimulation est incompatible avec l'amitié, qui a besoin de franchise, de loyauté, d'expansion; et l'on peut regarder avec raison celui qui est atteint de ce défaut, ou plutôt de ce vice, comme un traître contre lequel il faut continuellement se tenir en garde. Un adage oriental dit: Fuis pour un temps l'homme colère, et pour toujours l'homme dissimulé.
Vieux amis et comptes nouveaux.
Pour dire que c'est un moyen de conserver ses amis que d'avoir ses comptes d'intérêt toujours bien réglés avec eux.
La vérité de cette proposition sera développée dans le commentaire que je consacrerai au proverbe suivant.