C'est-à-dire qu'ils ne doivent pas nous être indifférents, et qu'ils ont des droits à nos égards. Pline le Jeune leur accordait davantage, lorsqu'il écrivait: «Amicus tuus, immo noster, quid enim non commune nobis? (Epist. VIII, 12.) Votre ami, ou plutôt le nôtre, car que peut-il y avoir qui ne nous soit commun?»

Mme de Sévigné appelait ingénieusement les amis de ses amis «des amis par réverbération».

«Si les amis de nos amis sont nos amis, demande Beaumarchais, les ennemis de nos ennemis ne sont-ils pas plus d'à moitié nos amis?»

Un vieux proverbe dit qu'on ne hait pas l'ennemi de ses ennemis.

Mieux vaut amis en voie que deniers en courroie.

Des amis qui s'emploient activement pour une personne peuvent lui être d'une plus grande utilité que son argent. Ce proverbe est dans le Roman de la Rose.

Adès vaut miex amis en voie

Que ne font deniers en corroie.

(T. I, v. 4, 962.)

Le mot courroie, comme on le voit dans le Dictionnaire de Philibert Monet, se disait autrefois de la ceinture de cuir dans laquelle on mettait son argent. J'ai trouvé dans un vieux texte deniers en conroie. Ce mot conroie ou plutôt conroi signifiait troupe, foule, et par conséquent la variante deniers en conroie, si elle ne provient pas d'une faute de copiste, équivaut à deniers en quantité.