--Jamais! répliqua fermement D'Aucheron. Est-ce que je me ruinerais pour les caprices d'une femme, la mienne? Ce mariage aura lieu, je le veux.... Mais j'oublie que nous sommes en présence d'un étranger, remarqua-t-il en faisant allusion à Sougraine, passons donc de l'autre côté; nous allons, une fois pour toutes en finir avec cette affaire....

--Il paraît, répondit Vilbertin, que cet indien n'est pas de trop. Il est du complot; le siou aussi. Ils sont venus ici avant madame D'Aucheron pour me sommer, s'il vous plaît, rien que cela! de renoncer à mademoiselle Léontine.... Dis-moi donc ce qu'ils ont à voir, ces individus-là, dans nos projets.... Y comprends-tu quelque chose?

--Ces deux étrangers, ces deux sauvages sont venus te dire de renoncer à la main de ma fille?

--Comme j'ai l'honneur de te l'affirmer....

--Quelle insolence! quelle....

--Ce n'est pas cela, fit l'abénaqui, d'une voix étrangement douce, c'est la nécessité.... une affreuse nécessité....

--Allez donc vous promener, avec vos nécessités, cria D'Aucheron qui s'emportait...

--C'est pour sauver la paix de ta maison, l'honneur de ton nom, et plus que cela encore, continua l'abénaqui.

--Tu mens.

--L'indien dit la vérité.... Tout cela pourrait s'arranger pourtant, oui tout cela pourrait s'arranger, et le mariage de monsieur Vilbertin aurait lieu comme vous le désirez tous, si un homme s'éloignait.