Clémence, c'était la voisine, une vieille fille qui n'avait jamais aimé que les chats et jamais raconté que des nouvelles vraies.

--Oui, mademoiselle, tout va bien ici, mais ça ne va pas bien partout.

--Non? qu'y a-t-il donc?....

--Entrez toujours; déshabillez-vous, mesdemoiselles, vous devez être fatiguées, vous devez avoir froid; on vous contera tout cela.

Elle n'était pas pressée de dire la nouvelle parce qu'elle ne craignait pas d'être devancée par d'autres. Elle était seule avec la malade. Elle l'eût racontée à la porte, au risque de contracter une fluxion de poitrine, s'il se fût trouvé quelqu'un dans la maison pour lui faire concurrence.

Les jeunes filles embrassèrent la malade.

--Où est Rodolphe? demanda Ida.

A ce nom un doux tressaillement agita Léontine et une vive rougeur parut sur ses joues encore froides des baisers du vent.

--Voilà la nouvelle, s'écria Clémence; chaque chose arrive en son temps. On est venu le quérir il y a dix minutes, à bride abattue, pour un sauvage qui s'est fait tuer à la chasse.....

Léontine pâlit tout à coup; une angoisse inexplicable l'oppressait.