--J'achevais de lire ta lettre, dit Léontine; un peu plus et tu la précédais.....

--Nous n'avons pas le service de la malle tous les jours, vois-tu, là-bas, dans nos forêts.....

--Non, mais vous avez la paix, le calme, le bonheur..... n'est-ce pas?

--Tous les jours, ma bonne Léontine.... Viens voir cela.

Mademoiselle Villor fit une bonne provision de livres de classe, alla prendre conseil du Surintendant de l'Instruction publique, et se remit en route pour St. Raymond. Léontine l'accompagnait.

Madame D'Aucheron, qui ne détestait pas d'être seule, vu la disposition d'esprit où elle se trouvait et l'attente des nouvelles qui devaient venir, ne fit aucune objection à son départ.

Quand la voiture qui les emmenait fut sur le monticule qui domine le village, Ida chercha des yeux la maison de Rodolphe, et la montrant du doigt à Léontine.

--Là-bas, par de là l'église, sous les grands pins noirs..... Vois-tu?

Léontine ne voyait pas, des larmes voilaient ses regards. On descendit la côte escarpée et on traversa le village au grand trot du cheval. Une voisine que mademoiselle Ida avait laissée avec sa mère vint ouvrir en souriant.

--Tout va bien ici puisque vous souriez, mademoiselle Clémence, observa l'amie de Léontine.