--Oui! mère, je suis un peu fatigué, j'ai besoin de respirer l'air des champs et de courir libre dans nos bois et sur le bord des ruisseaux.... Mais avant tout, j'ai besoin de manger un croûton.

Noémie jeta un regard inquiet sur sa nièce.

--Tiens! ma cousine Henriette! dit le jeune avocat. Comme te voilà belle! comme te voilà grande! Un baiser, voyons! encore un, cela fait oublier la faim.

--Va donc emprunter un pain, Henriette, demanda la veuve avec des larmes dans la voix.

--Vous n'avez pas de pain? dit Victor.

--Tu ne l'aimeras pas, mon enfant.

Et vous le mangez, vous? petite mère?

--Faut bien!

--Voyons cela! Et il ouvre le buffet, prend la nappe, la déroule et voit tomber un morceau de ce misérable pain d'avoine amer que trop de pauvres gens sont condamnés à manger.

--Ce pain noir! c'est tout ce que vous avez?