--Si je savais!... dit Joseph, en regardant Noémie.

--Oh! je t'aimerai bien sans cela, va! répondit la douce jeune femme.

--Je n'ai que celui-là, prenez-le; vous le regretterez si vous ne l'achetez pas.... Prenez, prenez! pour faire plaisir à votre petite femme.

Picounoc qui furetait dans la boîte aux nouveautés, pendant ce temps, découvrit un second châle, qui, à en juger par ce que l'on en voyait, devait être bien semblable au premier. Il se retourna gravement et dit:

--Voyons, Djos, fais donc ce cadeau à ta femme, vas-tu mesquiner quelques piastres?

--Si elle le veut, répondit Djos, le voici. Djos crut que Picounoc voulait s'insinuer dans les bonnes grâces de Noémie et commencer son oeuvre de perversion. Il voulut déjouer ses plans et le prévenir.

--Je prends le châle, reprit Djos, ma Noémie, aime-moi un peu pour cela.

--O Joseph, tu crois donc, qu'il te faut acheter mon amour? S'il en est ainsi, je ne veux pas de ce présent. Une femme honnête ne se vend pas--même à son mari....

--Prends-le, et faisons la paix....

Elle prit le châle, le déplia, l'admira, puis souriante, l'alla serrer dans sa commode.