--Si tu veux que nous restions amis, dit-il à Picounoc, viens un peu moins souvent chez moi quand ma femme est seule.

--Ah! tu as peur! Laisse-moi faire; je suis en train de te prouver la justesse de mon jugement sur les femmes en général et la tienne en particulier.... Ta femme m'aime.

--Tu mens!

--Je te le prouverai.

--Tu n'en es pas capable... comment?

--Comme je voudrai. Elle viendra où je l'appellerai, et à l'heure qu'il me plaira.

--Je vous tue tous les deux.

--Arrête, Djos, tu ne raisonnes pas; souviens-toi que je t'ai dit que mon amitié te protége, comme elle protége ta femme. Je n'abuserai pas de la faiblesse de Noémie, ni de sa folle passion. Je te dirai l'heure et le lieu, et tu seras là.

--Si elle me trompe, si elle s'oublie jusqu'à oser te rencontrer quelque part, je la tuerai, entends-tu? oui! je la tuerai là, comme une chienne, et tu seras témoin de ma vengeance.

Picounoc souriait.