Baptiste s'interrompit et se mit à écouter.
Paul, l'oreille collée sur le sol, cherchait à deviner s'il passait quelqu'un auprès.
--Ils sont plusieurs, murmura-t-il après un moment, et ils marchent avec précipitation et sans ordre.
Baptiste recueillit à son tour les échos du sol.
--Ils viennent de notre côté dit-il, ce sont nos amis les Litchanrés, peut-être.
--Attendons-les? Baptiste.
--Je le veux bien, Paul; nous nous joindrons à eux car ils aiment les Canadiens du pays.
Et les deux voyageurs s'assirent sur l'herbe au pied d'un sapin, le dos appuyé au tronc.
On était au commencement de juin. La senteur des bois embaumait l'air, et les reflets du soleil jouaient mollement à la cime des arbres. Sous les premiers rameaux, en bas, les ombres commençaient à rouler en silence, sur les derniers, en haut, la lumière dansait.
--Continue, Baptiste, ton histoire du grand-trappeur, dit Paul, en battant le briquet pour allumer sa pipe.