Héricourt refoula un sanglot. Donc le cheval turc méritait seul des éloges; lui n'était rien, lui qui avait façonné les huit cents statues du régiment.
—Major, dit l'empereur, il vous manque beaucoup d'hommes.
—Quelques-uns; mais ils rejoignent, Sire.
—Vous devriez avoir six cent trente dragons, reprit-il après avoir consulté son carnet.
—Sire, plusieurs sont restés malades à Hollabrünn. Je sais qu'ils sont en route pour rejoindre.
—Mais ils devraient avoir rejoint. Je ne veux pas tolérer ces absences. Le tiers du régiment fait défaut. Les détachements du dépôt ont dû boucher les vides à Munich et à Vienne… Alors?… C'est vous que je rends responsable…
Le major ne bougea point. Il se roidit. Le Rival fronçait les sourcils et le regardait fixement aux yeux.
—C'est cela!… On s'occupe de ses chevaux de prix, et on ne s'intéresse pas à l'effectif du régiment… Vous rendrez compte de cela, Major; je vous l'assure… Colonel, vous veillerez sur cet officier et vous m'adresserez un rapport.
—Sire!… à Hollabrünn…, insinua le colonel.
—Qu'est-ce que ça signifie…? Désormais je renverrai dans les dépôts les officiers qui me présenteront de pareils effectifs… Si nous n'étions pas à la veille d'un engagement, le major retournerait au dépôt de Béthune.