Une crampe soudaine force le noble à décroiser les bras et son poing se tend vers le bellâtre, d'un jet.
Lucienne hausse sa figure dolente, qui implore, qui apaise.
Pour elle, il s'apitoie et reprend une position correcte. Même par désir de faire accroire aux autres que rien d'insolite ne fut dans ses gestes, il répète, en s'étirant les manches, une tension de poing identique mais qui semble appropriée à cette action naturelle.
De sa haute taille il domine les fidèles; et les têtes inclinées évitent peureusement le regard impérieux dont il les fixe. Tout de suite on a compris son désir, on n'ose y enfreindre: on feint de n'avoir rien remarqué. Ainsi Lucienne n'aura point honte.
Car c'est en lui le souci constant de ne se point rendre plus odieux encore, de la reprendre, de la reconquérir par sa toute soumission, et de vivre heureux à nouveau. Comme en Ecosse.
Mais le curé se retourne encore, regarde.
Et voici que la rage emporte Cyrille contre l'outrecuidant individu, cause des singeries auxquelles il s'astreint. Le poing menaçant saillit encore vers le prêtre.
—V'nez donc, ben, un peu, Monsieur Cyrille, murmure Baptiste en le tirant par le bras.
—Veux-tu me laisser ou je te casse la figure.
—C'est des bêtises, tout ça. A c't'heure? Vous n'êtes pas bien, que je vous dis; c'est que vous avez soif; faut vous rafraîchir.