—Les ruches, la vigne, la maison, tout t'appartient.... Puisque tu as sacrifié ton honneur à ces choses, c'est bien le moins que tu les gardes.... Te voilà maître ici... moi, je pars.... Tu dois cinq ans à la France, je vais les payer pour toi.

—Lory, Lory, où vas-tu? crie la pauvre vieille.

—Père!... supplie l'enfant.... Mais le forgeron est déjà parti, marchant à grands pas, sans se retourner....

A Sidi-del-Abbès, au dépôt du 3e zouaves, il y a depuis quelques jours un engagé volontaire de cinquante-cinq ans.

UN MARIAGE.
PAR ERNEST LAUT.

CE jour-là la grande ville industrielle se reposait.

Par les calmes faubourgs, vides du fracas des marteaux et du halètement des machines, j'avais flâné tout un matin de soleil, et je m'en revenais à travers les rues silencieuses, lorsque, arrivé aux abords de l'Hôtel de Ville, je tombai au beau milieu d'une affluence de travailleurs endimanchés: blouses fraîchement dépliées, pantalons de drap noir, casquettes de soie.

Tous ces braves gens emplissaient les cabarets avoisinants, circulaient sur les trottoirs, causaient, l'air joyeux.

Je m'étais arrêté à les observer, quand, soudain un mouvement se produisit dans cette foule; un jeune homme accourait en criant:

—Vlà la noce!