Le moulin de Fuston, à sec l’été, gelé l’hiver, qui ne fait jamais de farine !
DANS UNE PETITE VILLE
I
LA VIEILLE MAISON.
Il était presque nuit quand j’arrivai.
Sur les grandes lices silencieuses qui font le tour des remparts, quelques bourgeois se promenaient encore. De temps en temps ils s’arrêtaient, consultaient anxieusement leur montre à breloques et disparaissaient, l’un après l’autre, sous le beau portail à machicoulis de grès rouge, qu’un dernier rayon de soleil éclairait.
Comme à la fin des beaux jours, d’innombrables moineaux (moineau veut dire petit moine) s’égosillaient au milieu des feuilles à réciter leur office du soir.
Je franchis la voûte du portail, et je me mis à marcher à travers les rues de la ville.
Personne…
C’était l’heure du dîner !
Sur une petite place, deux servantes cousaient dans un coin obscur ; on entendait le tintement régulier de la fontaine et le bruit d’une cruche oubliée qui dégoulait l’eau en se balançant.