Patience, les amis, si Perdigal se cache, c’est pour quelque farce !

Mais la foule s’étant ouverte et la charrette étant passée, un cri retentit.

— Carmentran est mort !

— Carmentran s’est tué !


Derrière le mannequin gras d’étoupes, souriant et saluant dans son beau costume doré, on venait de voir Perdigal étendu, face au ciel, sur les planches de la charrette. Il avait son pistolet à la main, un filet de sang rayait sa chemise sous la blouse ouverte, et sa fine tête blonde, encore railleuse, battait contre les montants à chaque tour de roue, à chaque pas des chevaux.

— C’était un fou !

— Pauvre Carmentran !

Et l’on entendait la farandole lancée à fond de train qui chantait : « Adieu pauvre !… Adieu pauvre !… Adieu pauvre Carmentran !… » à l’autre bout de la ville.

Tout le monde à Saint-Domnin crut au suicide, tout le monde, excepté Vivette. Lenthéric ne parla jamais de rien. Il suivit son ami jusqu’à la fosse et pleura. Puis étant remonté à sa carrière, il reprit son travail de la veille, continuant ainsi l’inscription commencée : — Cy gît. Jean-Louis Perdigal dit Carmentran. Roulier.