— Eh ! bé ?…

— Peut-être un vol…

— Ou quelqu’un qui aura fait un malheur.

— Ah ! madame, ne me parlez pas des gens d’en haut.

— Et monsieur le curé qui vient de monter tout seul, dans ce pays de brigands, avec son bréviaire !

Les commentaires allaient leur train, quand la femme du cafetier, ayant aperçu le groupe, s’approcha et dit :

— Vous savez, c’est pour la Daumasse.

— La veuve de Siffroy Daumas ?

— Oui ! la Daumasse du Jas d’Entrepierres, qui, dans le temps, avant que les foires fussent ici, tenait auberge avec son homme au vieux village. Ils avaient à la fin enlevé le buis faute d’argent et quitté l’auberge, parce que, au lieu de rester là-haut, la jeunesse aime mieux maintenant venir chez nous voir passer les voitures et faire rouler les boules sur la grand’route. Ils vivaient depuis sur le Jas, un petit bien dans la montagne que la Daumasse avait eu en dot. A la mort de Daumas, comme il restait des dettes, on a fait vendre Entrepierres au tribunal, et Rabasse, le grand Rabasse l’a acheté de ses écus. Mais la Daumasse est comme folle. Elle dit que le Jas d’Entrepierres est sien et qu’on ne l’en sortira que les pieds devant. Elle a insulté Rabasse, reçu l’huissier à coups de pierres quand il s’est présenté, et alors on a fait venir la gendarmerie.

— Ce qu’il faut voir ! dit d’un air fort scandalisé la mairesse à la notairesse.