Et la servante du curé ajouta en levant les bras au ciel :

— Pourvu qu’il n’arrive pas malheur à monsieur !

Puis, affriandées par ces détails, et bravant décidément toute retenue, les trois dames s’approchèrent du café où, contemplés du village entier, le brigadier et Chabre, après avoir militairement déjeuné, vidaient hiérarchiquement une bouteille de vin muscat.

Les moustaches du brigadier avaient l’air de trouver le muscat bon ; mais ses épais sourcils remontés jusqu’à la gance d’argent du tricorne, témoignaient de quelque impatience :

— Recevoir un huissier à coup de pierres ! grommelait à part le brigadier, ces choses n’arrivent qu’ici ! espérons que le curé aura plus de chance. Mais, en tout cas, ajouta-t-il en regardant sa montre, et dussions-nous prendre d’assaut la baraque et la vieille, dans une heure, force sera restée à la loi.

— La loi est la loi ! affirma le gendarme Chabre.

Et les assistants répétèrent, comme subitement pénétrés de la vérité de la maxime :

— En effet, la loi est la loi.

En ce moment, près du vieil oratoire en plâtras demeuré sans croix à sa pointe ni saint dans sa niche depuis le temps de la Révolution, au plus haut tournant du sentier qui se tord sur la côte pierreuse, on vit apparaître le curé.

Chacun s’empressa :