—Oui, Pan est mort, bien mort!... m’écriai-je.
A ce cri, un oiseau s’envola dans l’air silencieux, un coup de vent subit fit courber la cime des chênes, et, par dessus le bruit des feuillages émus, une plainte harmonieuse et vague me répondit.
C’était le vieil ermite, prêtre inconscient d’un culte aboli qui, debout dans les rayons rouges du couchant, sur le roc de la plate-forme, nu-tête et ses oreilles pointues se détachant de son crâne ras, confiait à Pan ses tristesses en soufflant un air mélancolique dans sa grande flûte de hongreur.
LE CANOT DES SIX CAPITAINES
A JEAN D’ALHEIM, peintre provençal.
I
LE NAUFRAGE DU SINGE-ROUGE
Le vent d’Est faisait rage autour du Bigorneau.
—Aveuglez les sabords! commanda Lancelevée.
Aussitôt les sabords s’aveuglèrent; un faible jour, de seconde en seconde interrompu par l’assaut alternatif des vagues, arriva seul à travers l’épais cristal des hublots; les six compagnons se rassirent et le festin continua.