—Très-amusant! affirma le romancier.

—Sans doute, pour intoxiquer de romans malsains une brave fille, et lui faire croire que nous écumons la mer en pirates toutes les fois que le bateau va chercher une livre de sucre aux épiceries de Cannes ou du golfe Juan! Bref cela vous amuse, moi cela m’ennuie. Antibes est charmant...

—Mademoiselle Cyprienne adorable!

—La belle malice! De plus, au dire des capitaines, la mer est plus souvent bleue au Bigorneau qu’ailleurs. J’ai besoin de peindre ici, partez sans moi sur le Singe-Rouge.

—Parfaitement! Et Brin-de-Bouleau?

—Brin-de-Bouleau! Vous lui conterez ce que vous voudrez. L’enfant croira tout, elle est si bête.

VII
MADEMOISELLE CYPRIENNE ET MADEMOISELLE BRIN-DE-BOULEAU.

Et pourtant, non! Brin-de-Bouleau n’était pas bête, ou plutôt elle l’était à sa manière, ce qui est une façon d’avoir de l’esprit.

Un matin, dans l’atelier où Fabien étudiait, on avait vu entrer une assez jolie fille, mais si frêle et si blanche, et tout ébouriffée de cheveux blonds, qui venait se proposer pour modèle.

—Mademoiselle pose les bouleaux? demanda un rapin facétieux.