—«Mais qu'avez-vous senti?...»
—«Que je vous aimais toujours,» répondit-il.
Il y eut un nouveau silence entre eux, durant lequel arriva jusqu'au fond de la loge la phrase de la mélodie: la Walkyrie est ta conquête. L'ancienne maîtresse avait penché la tête comme si ce qu'elle venait d'entendre la touchait à une place trop sensible de son être. Tout d'un coup elle regarda Paluau fixement et elle dit plus bas encore:
—«Et moi aussi, je vous aime toujours...»
—«Vous?» balbutia-t-il.
—«Oui, moi,» répéta-elle; puis comme se reprenant elle-même et plus haut: «Je vous en ai trop dit...» fit-elle, «laissez-moi. Retournez, retournez là,» et elle désigna d'un mouvement de ses yeux le devant de la loge et la place où se trouvait Mme de Paluau.
—«Non,» répondit-il en lui saisissant la main, au risque de la perdre et de se perdre, «pas avant que vous ne m'ayez promis que je vous reverrai, que nous pourrons parler vraiment, nous expliquer.—Je veux vous revoir, je le veux.»
—«Non,» dit-elle, «c'est fou»; elle reprit: «C'est fou!»—Puis, comme si une force supérieure à sa volonté lui arrachait un consentement: «Hé bien! venez demain chez moi, à trois heures; j'aurai condamné ma porte pour tout le monde, excepté pour vous.—Mais laissez-moi maintenant, laissez-moi,» et employant la même formule que lui tout à l'heure: «Je le veux.»