—«Mais ce n'est pas sa faute,» dit Louise.

—«Pas sa faute? Vous ne savez donc pas qu'il a été son fiancé et qu'il l'a trahie?... Soutenez-la!» répéta-t-il, en abandonnant à demi la pauvre Hilda.

—«Vous voulez donc la déshonorer,» répondit vivement Louise. D'instinct, elle devinait le seul moyen d'empêcher une scène entre les deux hommes. «Il partira, et tout de suite; c'est moi qui m'en charge.»

Ce dialogue, hâtif, à voix basse, avait-il été entendu de la malheureuse enfant, qui gisait, si pâle? Elle rouvrit encore les yeux, voulut parler. Elle ne pouvait pas. Mais, déjà, Louise s'était redressée. Elle se glissait à travers les piqueurs et les chasseurs, de plus en plus nombreux.

—«Allez-vous-en,» dit-elle à Jules, quand elle l'eut rejoint, et, prenant la bride, elle força le cheval du jeune homme à se retourner. Elle répéta: «Allez-vous-en.»

—«Mais, je vous assure...» balbutia-t-il.

—«Oui ou non. Avez-vous été son fiancé?»

—«Ah! je suis un malheureux,» dit-il sans plus essayer de se disculper. «J'ai été bien coupable. Mais si vous saviez...»

—«Je sais que vous devez vous en aller,» répéta la jeune fille. «Si elle doit revenir à elle, qu'elle ne vous voie pas!... Et que son cousin ne vous voie pas non plus... Il ferait un scandale... Ce suicide, c'est votre œuvre. Vous l'avez peut-être tuée. Ne la déshonorez pas.»

C'était le même mot dont elle s'était servie tout à l'heure, mais avec supplication. A présent, c'était avec un mépris, auquel le fier et hardi Maligny obéit, en baissant la tête, non sans avoir imploré, avant de mettre son cheval au galop pour fuir ce carrefour sinistre: