ORIAN.—Votre cœur y est-il sourd?

PENSÉE..—Qui s'est habitué au malheur, la joie ne le trouve pas si prompt.

ORIAN.—Bientôt nous serons séparés,

Bien séparés cette fois, et si c'est de la douceur que vous attendez de moi,

Tout à l'heure celle qui nous attend l'un et l'autre a de quoi suffire.

PENSÉE.—Il est nécessaire que nous soyons séparés, Orian?

ORIAN.—Il est nécessaire que je ne sois pas un heureux! Il est nécessaire que je ne sois pas un satisfait!

Il est nécessaire que l'on ne me bouche pas la bouche et les yeux avec cette espèce de bonheur qui nous ôte le désir!

Vous dites que vous m'aimez, et moi je sais que c'est moi-même qui suis mon pire ennemi.

Vous dites que je dois voir pour vous, et je sais que ce sont ces yeux mêmes qui m'empêchent de voir et que je voudrais m'arracher!