LADY U.—Prince, toutes les maisons de Rome seront les vôtres.
LE PRINCE.—Merci, Capitole! Que je vous embrasse pour cette bonne parole!
Il ôte sa barbe, et, l'ayant accrochée à une branche, fait le geste d'embrasser sa voisine.
LADY U, riant.—Prince, je vous en prie! Behave yourself Sir!
COUFONTAINE.—Que devient le Tibre sans sa barbe?
SICHEL.—Il a profité de sa fausse barbe pour raser la vraie. Prince, mais que vous êtes drôle ainsi!
Quelle bouche bonne et sensuelle, fraîche comme celle d'un enfant! Il a cette longue lèvre supérieure d'un homme qui est fait pour jouer de la clarinette.
LADY U.—Mais je vous reconnais, Prince! Oui, nous avons fait une traversée ensemble, du temps où j'étais l'étoile de la Compagnie Trombini, quand on mettait quarante jours pour aller du Ténérife à Buenos-Ayres.
LE PRINCE.—Eh quoi, cruelle, vous m'aviez oublié? Et tous ces beaux couchers de soleil donc auxquels nous avons prêté assistance,
Et ces nuées de poissons-volants qui se levaient sous notre étrave en pétillant, comme les amours autour du char d'Amphitrite.