Pour vous, Pensée.

Tout ce qui tient dans la corbeille de Mai. Tout ce sommeil et cette continence de la terre qui peu à peu sans aucun viol s'est enrichie jusqu'à une plénitude merveilleuse.

Comment ferez-vous pour venir à bout de tout cela, ce printemps si beau, quoi, ne voulez-vous rien épargner?

PENSÉE.—Il ne reste que ces feuilles d'inaltérable à ma tête et cette petite grappe de raisin près de mon oreille.

ORIAN.—Pourquoi donc avoir choisi ce personnage de l'Automne, quand je vous voyais plutôt venir à moi telle que le Printemps avec un grand œillet comme un javelot entre les doigts?

PENSÉE.—L'automne me plaît davantage et l'hiver plus encore,

L'intègre hiver qui de toutes choses ne laisse que l'âme

Toute nue et sans visage dans la foi.

ORIAN.—Rome n'a point d'hiver, une heure de suspens seule, le retour et non point l'arrêt, un sourire plus obscur entre des nuits plus longues!

Ici la main de l'Automne est désarmée et votre pouvoir échoue.