PENSÉE.—Une seule chose que vous ne pouvez pas faire, un seul mot que vous ne pouvez pas dire.
ORIAN.—Qu'est-ce donc que je ne puis pas faire, petite fille?
PENSÉE.—Que je voie mon âme tout entière dans la vôtre.
ORIAN.—Ouvrez donc les yeux, Pensée et voyez.
PENSÉE.—Je ne les ouvrirai pas que je ne sache que vous m'avez pardonné.
ORIAN.—Eh quoi, pardonné seulement?
Elle avance la main et des doigts lui touche légèrement la bouche.
PENSÉE.—Ah, tais-toi, mon bien-aimé! et ce mot que tu vas dire, ah, réserve-moi le pour un autre moment, quand le corps et l'âme se séparent!
Tais-toi, et ce mot qui n'est pas fait pour la terre, ce mot sans aucun son que tu me dis, voici que je l'ai lu sur tes lèvres!
ORIAN.—Venez que je voie mieux votre visage.