Je sais que là où vous êtes, il n'y a aucune place pour moi.

ORIAN.—Pourquoi n'y en aurait-il aucune?

PENSÉE.—Qui me conduira où vous êtes? qui me donnera ce que vous me refusez?

ORIAN.—Et que nous soyons heureux l'un par l'autre ici-bas, Pensée, est-ce là le plus grand des biens?

PENSÉE.—Il n'y a pas de bien pour moi que celui que je tiens de vous.

ORIAN.—Et n'est-ce pas de moi déjà que vous tenez cette souffrance?

PENSÉE.—Vous-même, n'en tenez-vous de moi aucune? Ah, dis ce que tu veux, je sais qu'il y a en vous une chose qui m'appartient et qui est mon droit!

Une chose qui est à moi seule, une chose qui est pour moi seule,

Une parole qui est à moi seule et que nulle autre ne peut entendre!

ORIAN.—Qu'attendez-vous donc de moi, Pensée?