LE FRÈRE MINEUR.—Il n'y a pas deux manières de souffrir, Saint-Père, et il n'y en a pas deux d'avoir de la peine pour un autre.
LE PAPE PIE.—Ces paroles sont meilleures pour moi que de l'eau.
LE FRÈRE MINEUR.—Père, je n'ai pas autre chose que mon cœur à vous donner.
LE PAPE PIE.—Je sais que celui-là n'est pas né qui m'enlèvera l'amour de mon petit frère.
LE FRÈRE MINEUR.—Saint-Père, comment tout le monde ne vous aime-t-il pas?
LE PAPE PIE.—Beaucoup seraient contents de Nous voir mort. Beaucoup se réjouiraient et donneraient des festins et enverraient des présents à leurs amis, disant: Il n'y a plus de Pape enfin. Il est mort, le vieillard obstiné.
LE FRÈRE MINEUR.—Du moins il n'y a personne qui pense ainsi dans notre ville de Rome.
LE PAPE PIE.—Non, petit frère.
LE FRÈRE MINEUR.—S'il y a vraiment des gens qui vous haïssent, ce sont les Turcs, ou les Allemands là-bas, ou les Russes, ou quelqu'un de ces mauvais Français révolutionnaires,
Ou les Chinois dont on m'a dit qu'ils ont une queue dans le dos, cela nous a fait bien rire.