LE PAPE PIE.—Quand tu étais berger de moutons, est-ce que les moutons étaient à toi, et est-ce que tu avais le droit de les donner?

LE FRÈRE MINEUR.—Non pas, c'est vrai.

LE PAPE PIE.—Et si un Anglais te demandait cette belle chaudière en cuivre dont tu es si fier, où l'on fait cuire le repas de la communauté, et qui porte les armes d'un cardinal,

Est-ce que tu aurais le droit de la vendre?

LE FRÈRE MINEUR.—Ce serait un grand péché.

LE PAPE PIE.—Ainsi je n'ai pas le droit davantage de donner ce qui n'est pas à moi,

Ce qui n'est pas à Nous, mais à tous Nos prédécesseurs avec Nous, et à Vous Nos successeurs avec Nous, ce qui est à toute l'Église, ce qui est à tout l'Univers avec Nous.

LE FRÈRE MINEUR.—Eh bien, ce que vous ne pouvez leur donner, qu'ils le prennent!

LE PAPE PIE.—C'est une chose défendue que de prendre ce qui n'est pas à soi.

LE FRÈRE MINEUR.—Cela sera à eux une fois qu'ils l'auront pris. Hélas, cela fera partie de toutes ces choses qui sont tellement à eux et qui les rendent si contents.