ORSO.—Je me le reproche, Orian. C'est un tort que je t'ai fait d'avance.

J'aurais dû savoir qu'où va mon cœur, là le tien doit être aussi.

ORIAN.—C'est à cette fête que donnait le prince Wronsky. J'ai donc... J'ai parlé à cette jeune fille.

Ah, j'étais trop orgueilleux aussi, trop dur, trop sûr de moi-même! Tout cela qu'il y avait en moi et que je ne connaissais pas, à mesure qu'elle parlait, tout cela qui fournissait en moi comme de la musique.

Il ne fallait pas que la vie fût si facile pour moi, il y a quelqu'un qui s'est chargé d'y mettre bon ordre.

Ce n'est pas drôle qu'à la vue de ce beau visage, sans que je sache comment, il y ait quelque chose en moi qui se soit mis à chanter, de si triste, de si enivrant, de si amer?

Toute une partie de moi-même dont je croyais qu'elle n'existait pas, parce que j'étais occupé ailleurs et que je n'y pensais pas. Ah, Dieu, elle existe, elle vit terriblement. Oui. Je n'ai pas une année de plus que mon âge.

Et ce qu'elle m'a dit (cette personne dont je parle), je ne peux plus l'ôter de ma pensée.

J'y arriverai cependant.

LE PAPE PIE.—Oui, il faut y arriver.