ORIAN.—L'entretien que nous avons eu, je voulais le garder pour moi. Je voulais me taire, fuir.
C'est lui qui ne m'a point laissé de repos et qui m'a forcé de tout lui dire. Du moins je ne serai pas un traître avec lui.
ORSO.—Et moi je n'en serai pas un avec toi.
Père, délivrez-le de ces scrupules bêtes.
Est-ce qu'il croit vraiment qu'il va me forcer à épouser cette personne qui l'aime et ne m'aime pas?
ORIAN.—Elle t'aimera, Orso.
ORSO.—Est-ce que je te prendrai ce qui est à toi? Ferai-je le bonheur de ma vie de ce qui serait le malheur de la tienne?
Ce n'est pas là ce que nous nous sommes juré, mon grand! Ce ne serait pas la peine d'être frères si nous n'étions en même temps de si bons amis.
ORIAN.—Tout ce que tu dis, Orso, je pourrais le dire aussi bien.
ORSO.—Mais ce n'est pas moi qu'elle aime, bon Dieu! c'est toi, elle a raison. Ce n'est pas un sacrifice que je te fais.