LE PAPE PIE.—Orian, que pouvons-nous contre cet homme résolu? il n'y a qu'à lui laisser le chemin libre.

ORIAN.—Je n'attendais pas de votre sagesse un autre avis.

LE PAPE PIE.—Pauvre enfant, tu l'aimes trop. Toi qui étais si fier de ta force, quand la main de Dieu se retire, vois ce qu'une simple créature peut sur nous.

ORSO.—Et c'est parce qu'il l'aime trop que vous lui dites de ne pas l'épouser?

LE PAPE PIE.—Ce n'est pas parce qu'il l'aime trop, mais parce qu'il ne l'aime pas assez.

ORSO.—Je ne vous entends pas.

LE PAPE PIE.—Ce n'est pas aimer quelqu'un que de ne pas lui donner ce qu'on a en soi de meilleur.

ORSO.—Et qu'y a-t-il de meilleur que l'amour également rendu?

LE PAPE PIE.—Ce qu'elle aime, ce n'est pas cet Orian qui est mon fils et que je connais seul.

ORIAN.—Point celui-là, mon père, mais un autre qui est bien fort.