[333] Journal de Barbier, t. IV, p. 114.
[334] Lettres de Marville, t. II, p. 211.
Celui-ci partit, le 23 décembre, pour Dunkerque. Il passa par Gand où il eut une conférence avec le Maréchal de Saxe: la brouille n’avait pas duré, d’autant que Maurice était charmant... à ses heures. Mais quand Richelieu fut arrivé à destination, les mêmes difficultés qui, deux années auparavant, l’avaient immobilisé à Boulogne[335], vinrent de nouveau paralyser à Dunkerque sa bouillante ardeur. Il dut constater qu’il n’avait pas la moitié de son effectif, ni les munitions, ni les vivres nécessaires à son corps d’armée. Si Maurepas avait donné des ordres précis, le comte d’Argenson n’avait pas suivi son exemple[336].
[335] Voir page 166.
[336] Lettres de Marville, t. II, p. 237. Nouvelles des Cafés.
Richelieu se répandit en plaintes amères et dépêcha un courrier à Versailles, pour protester contre une telle insouciance et pour réclamer l’ordre de «mettre au plus tôt à la voile[337]».
[337] Journal de Luynes, t. VII, 6 janvier 1746, p. 194.
En attendant, les épigrammes pleuvaient, à la Cour et à la Ville, sur cet Achille obligé de rester sous sa tente. Un sixain, des plus acerbes, avait trouvé cette solution... inélégante, bien que légendaire, d’un problème qui fut toujours vainement posé:
S’il fallait faire un sacrifice,
Pour vous rendre la mer propice,