[389] Collé: Journal, t. I, pp. 25-26.

On sait le dénouement de cette scène de ménage.

Les 28 novembre et 12 décembre, Mme de la Pouplinière déposait deux nouvelles plaintes contre son mari qui «la calomniait, l’expulsait de sa maison et la laissait dans un dénuement absolu[390]».

[390] Campardon: La Cheminée de Mme de la Pouplinière (Charavay), p. 120.

Elle avait pris un appartement rue Ventadour; et ce fut, sur la menace d’être dépossédé de son privilège de fermier général[391], que son mari se décida, en novembre 1749, à lui assurer sa pension de 8.000 livres. Elle avait déjà un viager de 4.000, et Richelieu lui avait servi une rente mensuelle de 1.200 livres[392], en attendant que La Pouplinière tînt ses engagements.

[391] Revue de Paris (15 mars 1912), article Cucuel.—Mémoires d’Argenson, t. VI, p. 73.—Collection Leber à Rouen.

[392] Mémoires d’Argenson, t. VI, p. 73.—Tant qu’elle vécut, elle fut soignée par le chirurgien de Richelieu, «lequel n’a cessé de la voir jusqu’à son dernier moment».

Elle mourut, en 1752, des suites d’un cancer au sein. Elle l’attribuait aux mauvais traitements de son mari. Déjà, en janvier 1748, dans une lettre à Richelieu, elle s’inquiétait de glandes devenant chaque jour plus volumineuses et plus douloureuses. On a prêté ce propos à son amant (et Casanova le répète) qu’elle avait imaginé une affection cancéreuse, pour apitoyer sur son sort le fermier général et le pousser à une réconciliation, dont il eut grand’peine à se défendre[393]. Supposition qui nous paraît toute gratuite; car comment admettre, si ce cancer n’avait pas existé réellement, que Richelieu eût continué, jusqu’à la mort de la malheureuse, la comédie de l’envoyer panser par son chirurgien?

Mme de Pompadour avait été, la première, à encourager des commérages et des médisances qui jetaient un fâcheux vernis sur le duc de Richelieu[394]. Quand ces bavardages devinrent un bel et bon scandale, confirmé par des constatations indéniables, elle applaudit à toutes les manifestations satiriques destinées à lui donner un plus rapide et plus large essor. On fit circuler cet Avis au public qui ne semble pas avoir été poursuivi bien sévèrement par la police:

Messieurs, vous êtes avertis