Ses infidélités ne durent pas être ignorées de sa femme. Il semble que Voltaire en ait eu le pressentiment, quand, dans sa fameuse épître, il s’écriait assez impertinemment, comme s’il eût prévu le châtiment du coupable[189]:
Est-il dit qu’il ne sera pas
Ce qu’il a tant mérité d’être?
[189] Duc de Lévis: Souvenirs et Portraits, 1815, pp. 21 et suiv.
Mais Richelieu veillait. Aussi, quand, de son propre aveu, au lendemain de son mariage, il vit reparaître cet écuyer qui avait si bien consolé sa première femme, le pria-t-il d’aller porter ailleurs ses services.
Mais il n’avait rien à craindre avec Mlle de Guise, trop aimante pour ne pas demeurer toujours fidèle. Lorsqu’elle fut irrémédiablement perdue, le duc, par décence, resta plus souvent auprès d’elle, à l’hôtel de Guise qu’elle habitait, depuis son retour de Montpellier.
Un jour qu’il s’était rencontré dans la chambre de la mourante avec son confesseur, le P. Segaud, il dit à sa femme, quand le jésuite l’eut quittée:
—«Au moins, en êtes-vous contente?
—«Oh! oui, bien contente, il ne me défend pas de vous aimer[190].»
[190] Voltaire: Correspondance. Lettre à Formont du 25 juin 1735.—Duc de Luynes: Mémoires ou Journal, t. III, p. 224.