Cette expérience démontrait l'impossibilité de gagner Brazzaville, point origine de la mission.
Marchand alors s'adressa au gouverneur, M. de Brazza Avant de s'engager dans les solitudes africaines, il fallait déblayer la route.
Le pionnier de la civilisation était contraint de commencer son voyage par une expédition militaire.
Il n'hésita pas.
M. de Brazza proclama l'état de siège, remit à l'officier le commandement des troupes du Congo, et la guerre commença contre les rebelles.
Guerre terrible dans la brousse, inconnue à quelques kilomètres de la route suivie par les caravanes.
Guerre où chaque touffe d'arbres, chaque ravin cachent une embûche.
Guerre où l'intelligence, avec une poignée d'hommes, doit avoir raison de tout un peuple auquel appartient l'avantage énorme de la connaissance du terrain.
Et comme si ces obstacles, capables de décourager les plus vaillants ne suffisaient pas, la terrible fièvre des bois, la fièvre hématurique bilieuse s'abat sur le chef aimé, en qui tous ont mis leur confiance.
Ecrasé par la douleur, pâli, les yeux caves, trop faible pour marcher, le commandant conserve toute son énergie morale.