Elle contenait la plus grande partie de la réserve de vivres, la caisse de pharmacie, les instruments géodésiques.
Les voyageurs parvinrent à renflouer l'embarcation; maïs si l'on put sauver la précieuse pharmacie et les instruments, il n'en fut pas de même des vivres.
Et, sur ce ruban liquide, prisonniers entre les épaisses murailles de la forêt, il était impossible à Baratier et à ses hommes de songer à se ravitailler par la chasse.
Le poisson ne manquait pas, mais il exhalait une odeur répugnante et était immangeable.
Cet incident jeta le désespoir parmi les piroguiers et les porteurs.
Le capitaine dut prendre des mesures contre leur mauvais vouloir.
Au sergent Renaud, à ses dix tirailleurs dont il était sûr, il donna l'ordre de se tenir prêts à fusiller le premier qui tenterait de fuir.
L'exécution de cette menace n'était pas nécessaire quant à présent.
Aucun de ces noirs n'eût songé à s'évader par la forêt.
Ils savaient bien que c'était la mort prompte, fatale, pour l'imprudent qui eût tenté une pareille folie.