Pour égayer la troupe, on organisa une petite fête.
Deux soldats sénégalais, doués d'une voix superbe, chantèrent des mélopées de leur pays. Et, dans la nuit, autour du brasier qui pointait ses langues de feu vers le ciel, tous les noirs, oubliant les misères des jours précédents, dansèrent au son de la flûte et du tympanon.
La flûte??
C'était le joyeux sergent Bernard qui en jouait, et sans instrument, s'il vous plaît.
Le brave garçon sifflait admirablement et son talent, en cette occasion, ne fut pas peu goûté!
Le tympanon?
Tout simplement une caisse vide, sur laquelle un grand diable de Sénégalais tapait à poings fermés.
Et cet orchestre rudimentaire suffit à ces noirs.
Profitant des bonnes dispositions générales, Baratier put explorer plusieurs lieues du M'Bomou sans encombre.
On approchait peu à peu du confluent du M'Bomou avec le Bokou ou Méré.