Une activité fébrile s'empara de tout le monde. En un clin d'œil les trois pirogues furent chargées.
Les pagaieurs, les porteurs et les soldats y montèrent suivis des chefs.
Et l'on attendit.
De larges gouttes d'eau tombèrent d'abord une à une... Puis, au bout d'un quart d'heure, ce fut un déluge effroyable.
Dans nos climats, on ne peut se faire une idée de la violence des pluies africaines.
Trempés jusqu'aux os, les voyageurs riaient quand même. Ils applaudissaient à l'averse libératrice.
Une demi-heure à peine suffit pour que le bras du fleuve grossît.
Les pirogues flottèrent.
Décuplée par l'espoir, la vigueur des Bouziris fit merveille; on franchit le banc derrière lequel la flottille s'était trouvée prise comme dans une souricière.
Il y eut cependant un moment de chaude appréhension. Les pirogues touchèrent.