Seulement, aussitôt après son départ, il appela MM. Mangin et Germain, les mit au courant de la situation, et décida que l'on entreprendrait immédiatement l'édification du fort projeté à Baguessé.
Primitivement on devait permettre aux porteurs et soldats de se remettre de leurs fatigues durant une huitaine.
Maintenant il eût été imprudent d'attendre.
Avant tout, il fallait se mettre à l'abri d'un coup de main de l'ennemi.
On se reposerait ensuite, si l'on en avait le temps.
Voilà pourquoi le commandant avait poussé les travaux avec une activité fiévreuse.
Durant les neuf jours qui venaient de s'écouler, l'officier n'avait pour ainsi dire pas dormi.
L'inquiétude le tenait éveillé.
Aussi, ce fut avec une immense satisfaction qu'il vit entrer dans l'enceinte du fortin, le dernier homme et la dernière charge de la mission.
Les indigènes pouvaient attaquer à présent.