Quelle raison leur avait fait différer les hostilités; on ne saurait le dire avec certitude.

Sans doute les explorateurs avaient bénéficié d'une de ces rivalités si fréquentes parmi les tribus africaines, où chaque guerrier désire être plus chargé d'honneurs que son voisin.

Alors on palabre sans fin.

On discute pendant des journées entières pour décider à qui appartiendra le commandement de tel ou tel groupe de guerriers; à qui incombera le soin d'attaquer en premier, en second, en troisième.

Et quand tout cela est décidé, accepté, il s'est parfois écoulé huit, dix ou quinze jours.

C'est cette anarchie vaniteuse qui explique les succès foudroyants de certains roitelets noirs.

Investis d'une autorité absolue, appuyée par quelques bourreaux qui tranchent, sur un signe du maître, les têtes raisonneuses, ces monarques ne perdent pas leur temps en palabres.

Aux quatre coins du territoire occupé par leurs sujets, ils font battre le tambour.

Des hérauts parcourent les villages, rassemblant la population aux sons mugissants des cornes de buffles.

En quarante-huit heures, la petite armée est équipée, réunie.