Ils croient avoir partie gagnée.

Les blancs ont des yeux pour lire dans les livres, mais non pour apercevoir l'ennemi. Ils se pressent, afin d'escalader le retranchement, de surprendre la mission, de faire leur moisson de têtes... trophées sanglants qu'ils rapporteront triomphalement au village et qui leur vaudront les sourires des femmes.

Ils ne sont plus qu'à deux cents mètres du fossé.

Tout à coup, un son strident déchire l'air.

C'est le sifflet du commandant qui donne le signal convenu.

Et sur les remparts s'allument des étoiles à l'insoutenable éclat.

Des traînées de lumière blanche, aveuglante, courent sur la plaine, éclairant les noirs surpris.

Et puis les fusils s'abaissent, crachent la mort.

Une immense clameur de rage et d'épouvante monte vers le ciel.

Les assaillants, avec une réelle bravoure, se précipitent en avant, font pleuvoir flèches et sagaies sur leurs adversaires. Quelques coups de feu même partent de leurs rangs.