Depuis Brazzaville, le père et la fille avaient marché sur la rive gauche du Congo, au milieu des tribus où résidaient d'autres agents libres ou des champions de l'ordre.
Dans les demeures de ceux-ci, ils recevaient l'hospitalité. Leur route était jalonnée ainsi par de véritables relais.
N'étant point embarrassés de bagages, ils avaient progressé beaucoup plus vite que la mission.
Partout ils avaient tenté d'ameuter les populations.
Mais les succès remportés par nos colonnes, l'établissement de postes-fortins dans le Haut-Oubanghi, les expéditions heureuses de M. Liotard, enfin l'aspect imposant du convoi commandé par Marchand, inspiraient aux indigènes une crainte salutaire.
Les efforts des Anglais avaient été vains.
Alors ils s'étaient acharnés à leur œuvre de haine.
Ils avaient porté leurs pas dans les régions inconnues, où la mission Congo-Nil devait s'engager.
Et là, ils avaient trouvé enfin des auxiliaires, des noirs qui n'avaient point entendu parler des Fringi, les blancs qui, ainsi que l'expliquent les tribus soumises, portent avec eux un étendard ayant les couleurs du ciel, du lait et du sang, pour proclamer qu'ils sont grands, doux et capables de se venger des offenses.
Donc le massacre de la mission fut résolu.