Durant des semaines, les Anglais guettèrent la flottille.

Une impatience furieuse les amenait chaque jour sur les rives du M'Bomou.

Enfin les pirogues furent signalées.

On sait quel fut le résultat de l'attaque.

Les quelques guerriers, échappés au carnage, rejoignirent leur village. Ils accusèrent les Anglais de les avoir trompés en les soulevant contre les étrangers. Pouvaient-ils espérer vaincre une troupe aussi formidablement armée.

Ils étaient vaincus. La puissance militaire de la tribu se trouvait anéantie, et maintenant ceux dont on avait imprudemment excité la colère allaient venir sans doute. Ils raseraient le village, dévasteraient les champs.

La famine, la pauvreté s'abattraient sur les survivants.

Les tribus voisines, encouragées par leur faiblesse et leur dénûment, se rueraient à leur tour sur eux.

Elles les vaincraient sans peine, les emmèneraient en servitude.

D'une peuplade puissante, il ne resterait plus que quelques esclaves dispersés à tous les coins de l'horizon.