Et ces satanés rameurs ruissellent de sueur comme moi; mais ça ne les gêne pas, tu sais; ils ont un petit complet de voyage qui ne leur colle pas sur la peau: une ceinture de toile et un petit tablier idem qui leur descend jusqu'à mi-cuisses. Tu penses s'ils ont les mouvements libres.

Il y en a deux qui sont superbes. Des hommes de six pieds, les épaules larges, les hanches étroites. On dirait des statues en bronze... comme chez Barbedienne, tu sais, le marchand du boulevard Montmartre. Du reste tu les verras.

Ah! je vois ton œil, papa, tu te figures que je vais t'amener des nègres. Non, non, te fais pas de peine pour ça. Je te les apporterai en photographie.

J'ai un camarade, un petit caporal qui a un appareil très léger, il prend un tas de vues, et il m'en fait une collection pour moi.

C'est rigolo pourquoi il m'a pris en affection.

Il est de la Savoie... alors, tu comprends, tous les camaros l'appelaient:

—Savoyard.

Il avait peur que je le blague. Les Parisiens ont une réputation de tous les diables et l'on dit: Parisien gros-bec! Mais le caporal a une bonne figure... et puis, raser les camarades, c'est bon en France, en garnison, pour tuer le temps. En Afrique, en campagne, faut pas taquiner le voisin, il vaut mieux se sentir les coudes. Aussi j'ai attrapé les autres et je leur ai dit:

CAPITAINE GERMAIN