17 août.—Une pirogue a chaviré.

A-t-elle heurté un banc de sable, ou bien l'équipage a-t-il fait une fausse manœuvre, on n'a jamais pu savoir.

Personne ne s'est noyé.

Seulement on a perdu une charge qui est restée au fond de l'eau.

18 août.—On est resté campé toute la journée, pour attendre le chaland qui ne marche pas aussi vite que nous.

Des noirs du voisinage sont venus au camp. Ils ont apporté des fruits et des légumes. Une orgie, quoi.... Seulement, ils sont gais ces noirs-là.

Le capitaine a demandé à leur chef s'il ne pourrait nous vendre des volailles et des moutons, et le nègre lui a répondu:

—Les Bradeiros (c'est le nom de leur peuplade) ne sont pas des gens qui creusent péniblement la terre. Ce sont des guerriers.

—Cela n'empêche pas de vendre des moutons, a repris le capitaine.

—Nous n'en avons pas.