29 août.—Nous devons approcher du confluent du M'Bomou et de la Méré ou Bokou, où nous devons rencontrer un poste établi par le capitaine Baratier qui, lui, est occupé encore à reconnaître cette dernière rivière.
Je dis cela parce que le lit du M'Bomou se resserre peu à peu. Mais l'eau reste toujours profonde. Les renseignements du capitaine Baratier se confirment. Il avait écrit que le M'Bomou était navigable jusqu'à son point de jonction avec le Bokou. C'est vrai.
Au campement, le soir, nous recevons une visite curieuse.
C'est une femme, marchande de poules. Elle est albinos. C'est-à-dire que sa figure et son corps sont en partie noirs et blancs comme la robe d'un cheval pie. Avec cela, l'iris des yeux est rouge et les cheveux crépus sont jaunâtres. C'est extraordinaire.
—Jacques, que dit le capitaine Germain en riant, tu regardes cette femme avec une insistance... Est-ce que ton cœur parlerait?
Est-il drôle! Mon cœur à une femme pie!
C'est qu'il ne sait pas que ma gentille Louise m'attend. Je ne lui ai pas raconté cela.
Dame, on a ses petits secrets.
Lui-même, dans son carnet, a une photographie de femme qu'il regarde quelquefois quand il croit qu'on ne l'observe pas.