Il faut les fatiguer par une ténacité supérieure à la leur.

Il faut, sous ce climat torride, en face de la plus irritante force d'inertie, demeurer calme, impassible, avoir la patience de ceux qui sont certains de ne jamais faiblir.

Car, avant tout, il faut ne pas ameuter le pays tout entier contre la petite expédition.

Il est nécessaire de se créer des amitiés, des alliés.

Parfois, cependant, certaines tribus, trompées par le calme de Marchand, attribuent sa mansuétude à la peur.

Alors les chefs deviennent insolents. Le commandant rompt aussitôt les pourparlers. En deux ou trois jours, une colonne volante est formée. Et l'on punit ceux qui ont voulu abuser de la faiblesse supposée de la mission.

Peu à peu l'influence française s'étend.

Elle gagne de proche en proche.

Et bientôt on peut diviser les provinces du Bahr-el-Ghazal en trois cercles ou départements, placés sous le commandement des officiers qui accompagnent Marchand.

Il semble que décidément le succès final est assuré, quand, tout à coup, une terrible inquiétude s'abat sur l'état-major de la mission.